DE RETOUR DE DJIBOUTI Courant 2009, Monseigneur Marc Stenger nous a demandé de redynamiser le partenariat entre le diocèse de Troyes et celui de Djibouti. Mais comment faire? Contacts ont été pris avec la Directrice Diocésaine de l'enseignement catholique à Djibouti, Simone Pire,pour connaître les besoins effectifs des enseignants, échanges de mails puis fin juin 2010, visite de Monseigneur Bertin, évêque de Djibouti, puis de Simone Pire le 12 juillet; temps de convivialité et de travail qui ont permis de réaliser qu'un voyage dans le pays était indispensable. Depuis trop longtemps personne n'y était allée. Le partenariat consistait essentiellement à l'envoi d'argent de temps en temps. Mais alors attention « La main qui donne est toujours au dessus de celle qui reçoit ». Pour éviter cela il fallait aller à la rencontre des djiboutiens pour découvrir leur mode de vie au quotidien, tenter d'apprendre et de comprendre leur manière de voir, d'agir, visiter les établissements, échanger avec eux. Une invitation à tous las acteurs des communautés éducatives des établissements catholiques a été lancée. Finalement une délégation de 7 personnes est partie pendant les vacances de février, du mercredi 23 février au dimanche 06 mars. Nathalie, Philippe et Marie Jocelyne y étaient déjà allés plusieurs fois. Didier connaissait d'autres pays d'Afrique noire et Olivier, Franck et Brigitte partaient avec quelque appréhension. Le fait de partir avec des personnes ayant des connaissances sur place nous a permis de partager vraiment la vie à Djibouti. Nous avions la chance d'avoir Garad comme guide pendant les 10 jours. Nous sommes allés dans sa famille où nous avons été invités à manger plusieurs fois. Suite aux besoins évoqués, un projet autour du conte a été écrit. Katarzyna et Anne Marie qui n'ont pas pu venir avec nous se sont beaucoup investies avant notre départ. Nous avons préparé 6 mallettes avec un album en 30 exemplaires et des fiches d'exploitation pédagogiques. Nous avons collecté des livres neufs dans tous les établissements qui le souhaitaient pour mettre tout le monde dans une même dynamique de partenariat avec Djibouti. Le projet étant d'écrire des contes à la manière des « Histoires comme ça » de Kipling, tous les jeunes de l'Aube et de Djibouti sont invités à écrire des contes qui seront illustrés par les jeunes de l'autre pays. Le but est d'éditer un recueil de toutes ces histoires pour faire du lien entre les établissements. Nous sommes donc partis avec un maximum de livres dans nos bagages. Nous les avons ensuite offerts dans les établissements. Nous avons été remercié par beaucoup de sourires, de chaleur humaine et de repas partagés. Nous souhaitons inscrire ce partenariat dans la durée. Nous sommes allés dans tous les établissements catholiques du pays pour rencontrer les enseignants, vivre des temps dans les classes en proposant des animations autour des livres apportés. Maintenant nous mettons des visages sur des noms. Grâce à internet nous pouvons plus facilement correspondre. Nous avons quelques personnes relais avec qui nous avons sympathisé. Chaque rencontre était attendue. Certains enseignants avaient préparé notre arrivée, en chantant et en dansant. Voici les paroles d'une chanson : Partage avec ton frère, Tu auras la joie dans les yeux. Partage avec ton frère, Tu auras la joie de Dieu. Paroles intéressantes dans un contexte où les enseignants sont musulmans, à 99% ! La présence de l' Eglise dans ce contexte est un témoignage de service de fraternité, sans objectif d'annonce explicite des Evangiles. Pour nous croyants, nous avons eu le sentiment d'être fils d'un même Père. Pendant ces 10 jours, nous avons beaucoup reçu, les clichés classiques sur l'Afrique ont éclaté les uns après les autres. « Si tu pars avec l'idée que tu vas laisser une trace, marquer de ton signe l'endroit où tu vas passer quelques semaines de ta vie, tu t'exposes à de grandes déceptions ! » Ce voyage nous a permis de vivre une belle aventure humaine et spirituelle. Grâce à la présence de Didier, prêtre accompagnateur pour l'enseignement catholique de l'Aube, nous avons partagé des temps de prière et d'eucharistie avec les missionnaires rencontrés. Et maintenant... il est indispensable de prévoir régulièrement, au moins une fois tous les 2 ans, un voyage à Djibouti. Pour un partenariat vivant, la relation humaine entre les deux diocèses est fondamentale. Les responsables des établissements se sentent souvent bien seuls et isolés. Le projet d'écriture de contes se poursuit. Nous avons déjà reçu des histoires écrites par des djiboutiens. Le recueil se prépare tranquillement. Nous sommes prêts à aller témoigner de cette aventure pour faire connaître ce partenariat. Pour donner du sens à leur vie, certains jeunes peuvent partir quelques semaines pour aider dans les établissements, possibilité de faire un stage validé dans le cadre d'un BTS par exemple, mobiliser des jeunes enseignants pour former des enseignants djiboutiens... Pour les jeunes des écoles, des collèges faire un lien avec la nouvelle démarche d'exploration éducative en faisant de la classe un lieu de vie et de solidarité, solidarité proche et lointaine. Ce partenariat favorise également l'ouverture à l'universel où les enseignants et les élèves ont à la fois à donner et à recevoir.